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Vidéo : La jeunesse ivoirienne participe à la révolution des données en Côte d'Ivoire

Trois boursiers du projet Des Chiffres et Des Jeunes formés à la data science racontent leur parcours et leur expérience au sein des organisations dans lesquelles ils ont été placés afin d'améliorer l'écosystème des données en Côte d'Ivoire.

Regardez la video ici : https://www.youtube.com/watch?v=kYnSFYe44lw

Vidéo : Plateforme d'inventaire des données : les ONG en parlent ...

Dans le cadre d'une tournée de formation sur l'outil de collecte et de gestion des données mis en oeuvre par le projet Des Chiffres et Des Jeunes, les ONG racontent leur expérience.

Regardez les vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=b2ljE0aRTz8  (video 1)

                                   https://www.youtube.com/watch?v=yuQ7izH2Mgs  (video 2)

GÉRER LES DONNÉES VIH AU SEIN DU PNLS

Amélioration de la méthode de gestion des données

En Côte d’Ivoire où le vih/sida compte encore 3,2% de personnes infectées, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a créé le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) qui a pour objectif d’arriver à une épidémie maitrisée à travers une prévention, une prise en charge de qualité, une coordination des interventions à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et la participation des secteurs publics, privés et communautaires pour une meilleure santé de la population.

À ce titre, le PNLS collabore avec d’autres programmes de santé et organisations internationales telles le PEPFAR qui est le Plan d'Urgence Présidentiel de Lutte contre le SIDA, une initiative internationale du gouvernement américain pour sauver et améliorer les vies des personnes infectées ou exposées à l'infection du VIH/SIDA.

Au sein du service Suivi Evaluation qui gère les données cliniques du PNLS et les met à la disposition des autres services du programme, Ali Diakité au début de son stage s’est aperçu du caractère fastidieux des méthodes de traitement employées.

En effet, l’ensemble des traitements que doivent subir les données mobilisent énormément de temps et ce, de l’ensemble du personnel en charge de leur gestion. Cette situation due en grande partie au non-respect des indicateurs de promptitude et de complétude de la part du niveau décentralisé (Sites et District) engendre la non disponibilité des données pour la rédaction de rapports par exemple, à des moments opportuns pour les autres services.

L’application utilisée par Ali pour améliorer la gestion des données au sein du PNLS a pour objectif d’une part, d’optimiser le processus de traitement des données, d’assurer leur qualité et les centraliser, de l’autre, d’innover les techniques de calculs des indicateurs synthétiques.

Dans le système de gestion de données, le stockage est une question fondamentale. L’existence d’une base de données permet de faciliter énormément d’activités en rapport avec l’usage des données. En plus de stocker et de centraliser un grand nombre de données (qu’Excel n’autorise pas), une base données SQL, simplifie l’accès aux données notamment celles qui relèvent de certaines opérations.

Le projet déployé par le fellow permet d’observer un gain remarquable de temps de traitement des données brutes : ainsi une activité qui mettait initialement plusieurs jours pourra prendre seulement quelques minutes.

Désormais, l’ensemble du personnel dispose de données de qualité irréprochable car le repérage des incohérences se fait plus efficacement.

Il est également possible de calculer automatiquement les indicateurs synthétiques à l’aide des techniques algorithmiques déjà implémentées dans l’application : synthétisation des données (par district et région), cumuls périodiques (mensuels, trimestriels ou annuels), etc.

Ajouté à cela, l’on peut accéder plus rapidement aux données définitives et historiques en cas de besoin.

Une "Use story" (en français : cas d'utilisation des données), consiste à démontrer des cas d'utilisation des données pour résoudre un ou des problèmes et répondre à un besoin ou maximiser l'impact d’une activité en lien avec les données.

Retrouvez ici, quelques des cas d'utilisation des données dans le cadre du projet Des Chiffres et Des Jeunes.

 

 

RECUEILLIR, RÉPERTORIER ET ANALYSER SES DONNÉES

 

ONG FEMMES DE SALEM

L’ONG Femmes de Salem Internationale traite les données antérieures liées à ses activités de terrain et met en place des actions de sensibilisation correctives

Les femmes africaines représentent par leur travail et leurs modes d'organisation astucieux, les premiers agents économiques et sociaux du continent noir. Or, grand nombre parmi elles sont victimes de discriminations, de violences, d’accès limité aux soins, etc.

Selon les estimations mondiales de l’Organisation Mondiale de la Santé, 35% de femmes et jeunes filles, indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. En Côte d’Ivoire, ce taux varie entre 60 et 70 %. Par ailleurs, s’agissant de la petite enfance, seuls 62 % des enfants ivoiriens sont scolarisés et l’on note des écarts importants dans l’accès à la formation entre les filles et les garçons, mais aussi entre les régions urbaines et rurales.

En 2002, ces tristes constats ont motivé la création de l’ONG « Femmes de Salem, Internationale » qui est membre du COS-CI (Consortium des Organisations de lutte contre le vih et autres pandémies) et qui travaille au quotidien pour la promotion des droits de l’enfant et de la femme. Elle met en œuvre divers projets visant à lutter contre les violences faites aux enfants et aux femmes ; et à contribuer à l’autonomisation de la femme, à l'éducation et à la protection de la petite enfance.

 

Les interventions de l’ONG Femmes de Salem ont mis à nu le problème de la garde des enfants en milieu rural. En 2007, l’ONG a donc procédé à l’ouverture de la garderie de la sous-préfecture de N’Douci-Boussoukro (à 2 heures d’Abidjan) afin de proposer des activités socio-éducatives et participer ainsi à l’allègement des tâches des mères. Pour ces dernières, cela conduit alors à l’accroissement de leurs rendements donc à l’amélioration de leur situation économique.

Femmes de Salem recevant chaque jour de nouveaux enfants inscrits à la garderie, recueillait uniquement des données telles que : les noms et prénoms, l’âge et le sexe de l’enfant. Les données étaient ainsi accumulées dans des registres (papier) sans possibilité de les n’analyser ni de les exploiter.

D’autre part, au niveau des autres activités menées par l’ONG Femmes de Salem dans d’autres localités, telles que la lutte contre les grossesses en milieu scolaire ou encore la sensibilisation sur les décès infantiles et maternels en couches, les données n’étaient pas systématiquement collectées.

 

Dans le cadre de ses activités en faveur des ONG et communautés membres du COSCI, Mme Seka Frida -Spécialiste chargée du genre et vih/sida pour le projet Des Chiffres et Des Jeunes a organisé au cours du mois de Juillet 2019, des ateliers de sensibilisation à l’usage de l’outil d’inventaire des données à venir.

L’objectif de ce projet est l’inventaire des bases de données existantes en Côte d’Ivoire, via une plate-forme en particulier dans le secteur de la santé et dans tout autre secteur lié au VIH. L’atelier de sensibilisation proposé par Mme Seka s’est appuyé sur un tableau Excel dont les champs et la configuration sont ceux de la plate-forme.

En participant à cet atelier, Mme Boussou Coulibaly – Présidente de l’ONG Femmes de Salem s’est aperçue de l’importance du recueil, de la compilation et de l’analyse des données afin de prendre des décisions avisées pour l’amélioration ses activités.

 

Suite à l’atelier de sensibilisation à l’usage de l’outil d’inventaire des données, la Présidente de l’ONG Femmes de Salem se servant du tableau Excel proposé par Mme Seka, a commencé à y renseigner les données de la garderie de la sous-préfecture de N’Douci-Boussoukro dont elle disposait : les noms et prénoms, l’âge, le sexe de l’enfant, les pathologies, les informations sur le parent qui accompagne l’enfant (sexe, profession, lieu d’habitation, situation matrimoniale, etc).

L’ONG a également décidé de répertorier ses activités antérieures grâce à la même opération de renseignement de données entres autres pour la lutte contre les grossesses en milieu scolaire ou encore la sensibilisation sur les décès infantiles et maternels en couches.

 

A l’issue de l’analyse des données de la garderie de la sous-préfecture de N’Douci-Boussoukro, la Présidente de l’ONG et son équipe ont noté que l’établissement comptait plus de garçons que de filles : entre 2006 et 2018, la garderie a recensé 333 filles pour 353 garçons. Toujours dans l’optique d’attirer plus de filles dans la garderie, elle a donc mis en place des actions de sensibilisation sur le genre et l’éducation des jeunes filles en direction des populations rurales de la sous-préfecture. Aujourd’hui, en septembre 2019, l’établissement compte 389 filles et 335 garçons.

Selon Mme Boussou Coulibaly, les équipes de l’ONG Femmes de Salem ayant compris l’importance de l’utilisation des données pour la prise de décision, recueillent et analysent systématiquement les données non confidentielles auxquelles elles ont accès dans le cadre de leurs activités de terrain. Elle précise que cela permet désormais de prendre de meilleures décisions pour le calibrage et la planification de ses projets.

SYSTÈME DE GESTION INTERNE DES DONNÉES DE HAI CÔTE D’IVOIRE

Amélioration de la gestion des sources de données et du rapportage mensuel et trimestriel

Avec une population de plus de 24 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire est l'un des pays d'Afrique occidentale où la prévalence du VIH/Sida est la plus élevée de la région avec environ 3,2% de la population adulte infectée. La Côte d’Ivoire a d’ailleurs investi 32,6 milliards dans la lutte contre le Sida entre 2013 et 2016 conduisant ainsi à une baisse du taux de prévalence de 3,7% à 2,7%. Bien que la prévalence et l’incidence de la maladie ait significativement baissé au cours des 15 dernières années, la Côte d’Ivoire vise un taux de prévalence du Vih/Sida de 1% en 2020.

Pour accompagner et soutenir le gouvernement ivoirien dans ce processus, L’ONG Heartland Alliance International (HAI) a obtenu en 2010, un accord de coopération d'une durée de cinq ans dans le cadre du Plan d'urgence du président américain pour lutter contre le sida (PEPFAR) afin de renforcer la prévention du VIH / sida

Pour permettre à l’ONG HAI de prendre des décisions éclairées sur la base de données fiables, OKOU Nathan, jeune passionné de sciences et technical fellow du projet DCDJ y a été affecté dans le cadre de son stage. DCDJ (Des Chiffres et Des Jeunes).

 

Dans le but de déceler les problèmes qui empêchent le bon fonctionnement du système de données au sein de Heartland Alliance International, un état des lieux a été réalisé par OKOU Nathan. Il a détecté 02 problèmes majeurs au niveau du rapportage mensuel et trimestriel des données et au niveau de la gestion des sources de données de 33 sites de travail.

Concernant le rapportage mensuel et trimestriel des données, il est ressorti que la rédaction des rapports nécessitait plusieurs jours de travail et se faisait manuellement, occasionnant ainsi des erreurs de saisie.

S’agissant de la gestion des sources de données des 33 sites de travail, elle s’avérait assez complexe.

Chacun des partenaires compilait les données relatives aux activités menées dans un fichier Excel dénommé MER (Monitoring and Evaluation Report) suivant un modèle comportant plus de 4000 lignes. Il y avait donc au total 33 fichiers qui parvenaient au niveau central à la fin de chaque mois et Nathan a compris l’urgence de proposer une solution de gestion plus optimale.

 

Afin de permettre à l’ONG HAI d’être plus efficace et plus rapide dans la gestion de ses données et de celle de ses partenaires, OKOU Nathan a souhaité développer un programme de rapportage automatique des données et concevoir une base de données pour la gestion des sources de données Excel exploitable à partir d’une application web pour répondre plus aisément aux éventuelles requêtes et générer les différents rapports.

 

  • Le rapportage mensuel et trimestriel des données

La solution retenue pour résoudre le problème de rapportage mensuel et trimestriel des données est un module informatique écrit en langage Excel/VBA.

Tout d’abord, il a fallu d’une part lier le fichier de transition de CDC (Center for Disease Control) à la Base MER de sorte que, lorsque l’on modifie une valeur correspondante dans la Base MER, celle-ci se répercute automatiquement dans le fichier de transition CDC et d’autre part, modifier la référence des formules de chaque colonne dans le fichier de transition CDC. Le fichier de rapportage CDC est un fichier au format Excel qui comporte plusieurs feuilles et chaque feuille contient les données relatives à une activité spécifique : une colonne qui contient les différents indicateurs (désagrégés notamment par type de population, par sexe et par âge) et les autres colonnes font référence aux différents sites.

Ensuite, il a fallu agréger les valeurs de certains sites par rapport à d’autre sites figurant dans le fichier de transition CDC. Par exemple pour le cas de la ville de Dabou (ville du sud de la Côte d’Ivoire), cela correspond à une agrégation de 03 « sous-sites » : Hôpital Général de Dabou, COVIE Dabou, Espace confiance Dabou.

Enfin, la dernière étape du fonctionnement du module consiste tout simplement à copier les données du fichier de transition CDC et les coller dans le fichier de rapportage CDC.

 

 

  • La gestion des sources de données

Pour résoudre le problème de gestion des sources de données, OKOU Nathan a décidé de mettre en place une base de données gérée par le système de gestion de base de données PostgreSQL car il offre plus d’avantages que MySQL par exemple. Cette application donne la possibilité d’alimenter la base de données par des sources de données externes (au format Excel) et de l’exploiter à partir d’une application web (plus conviviale qu’une console avec des lignes de commandes). Elle a été conçue avec le langage orienté serveur Node.js, Html & CSS et Python.

En définitive, l’application permet de générer automatiquement les rapports mensuels et trimestriels avec un simple clic. L’atout principal ici est que l’utilisateur peut choisir la périodicité de rapportage et sélectionner les mois correspondants à son besoin.

Au sujet des requêtes, l’utilisateur a l’aisance d’effectuer toute sorte d’opérations à travers des commandes spéciales et des tableaux croisés dynamiques.

Notons qu’OKOU Nathan a bénéficié de l’accompagnement technique de SEJEN CI, une société ivoirienne de conseil en analyse, recherche et technologie basée à Abidjan.

 

Les travaux réalisés par Nathan ont apporté des innovations au niveau du processus de rapportage grâce à des rapports mensuels et trimestriels générés automatiquement en moins de 02 minutes ; et au niveau des outils de traitement et gestion des données. Il n’y a plus d’erreurs de saisie dans les rapports. Ceux-ci sont désormais transmis dans des délais raisonnables aux bailleurs et sont de meilleure qualité.

Aussi, ce gain de temps et d’efficacité favorise la disponibilité de données fiables et facilite le travail de rapportage des acteurs de terrain engagés au quotidien dans la lutte contre le VIH/Sida.

CREATION D’UN TABLEAU DE BORD A APROSAM

Amélioration de la prise de décision à travers des données de qualité et la visualisation des données

Créée en Côte d’Ivoire depuis Mars 1999, l’Association pour la Promotion de la Santé de la Femme, de la Mère, de l’Enfant et de la famille (APROSAM), ONG basée à San Pedro, intervient dans 33 districts et 4 régions sanitaires de la République de Côte d’Ivoire et a mis en œuvre depuis plus de 10 ans plusieurs projets dans le domaine de la santé maternelle et infantile, santé de la reproduction, VIH/SIDA, Paludisme, les fistules, VGB, Nutrition … que sont : Nes-Hemon, BreakThrough ACTION, Projet Cœur d’Ariel, PROTECT-CI, Malaria, Tuberculose.

APROSAM travaille avec des partenaires techniques tels que CARE International, Heartland Alliance Côte d’Ivoire (HA-CI), EGPAF, FHI 360, UNFPA, UNICEF, PUMLS dont les principaux bailleurs sont le PEPFAR, le Fonds Mondial, le Système des Nations Unies, et l’Union Européenne.

Dans l’optique de transformer positivement l’écosystème des données dans cette structure qu’est APROSAM, j’y ai été affecté dans le cadre d’un stage de 6 mois en tant que technical fellow au projet Des Chiffres et Des Jeunes (DCDJ) qui est un projet du programme Data Collaboratives for Local Impact (DCLI) issu d’un partenariat entre le PEPFAR et le Millenium Challenge Corporation (MCC) qui vise à accroître l’expertise et la disponibilité des ressources en Côte d’Ivoire.

 

Un état des lieux et entretiens élaborés dans la structure d’APROSAM, par le fellow que je suis, m’a permis d’obtenir une cohérence sur les difficultés rencontrées dans le système de gestion de données pour le programme PROTECT-CI. Dont certaines difficultés pour mesurer de façon chiffrable les performances d’activités, des difficultés d’exploitation des données pour des analyses optimales et efficaces ainsi qu’une incapacité à produire les rapports à temps causée par la non promptitude des données.

Vu les différentes difficultés rencontrer il me fallait donc proposer des éléments d’appréciation d’une part pour juger de la situation sous l’éclairage des objectifs de performance de la structure c’est-à-dire y apporter un éclairage précis de la situation en cours, orientée selon les objectifs de la démarche stratégique engagée et permettre qu’à la lecture des indicateurs de performance, le décideur et l’équipe de décision soit alors à même d’évaluer les pertinences des actions engagées sur le terrain pour atteindre les objectifs tactiques de leurs programmes établis. Aussi, le programme manquant d’un système de gestion de base de données il me fallait mettre en place une application web qui servira non seulement de système de gestion de données mais d’outil de collecte de données beaucoup plus fiable.

Tout d’abord il fallait faire un traitement et une synthèse des données du programme PROTECT-CI, un processus ayant pour but de repérer les doublons, de voir s’il y’a des incohérences dans la base de données et de s’assurer qu’il n’y a pas des valeurs erronées. Par suite identifier les objectifs et les indicateurs de performances du programme en question de sorte à inclure dans les différentes analyses ces indicateurs de performance.

A cet effet, cet outil permet d’une part d’organiser la hiérarchie du pilotage de leurs activités c’est-à-dire qu’il  met en place l’ouverture d’une arborescence hiérarchique à partir de valeurs comprises dans un rapport analytique pour suivre l’évolution des activités. D’une autre part l’outil permet de définir les fréquences de mise à jour automatique selon que les données sont et seront ajoutées et enfin une application des filtres de valeurs y est intégrée pour l’affichage des informations plus spécifiques dans certains types de cartes de performance et de rapport.

 

Ainsi tous ces atouts du Dashboard apportent une garantie de plus en ce qui concerne certains point de qualité de données dont la cohérence car il n’y a plus d’erreur de saisie grâce aux mises en forme conditionnelle et systèmes de validation de données affectés à certaines colonnes et cellules. Le point le plus attrayant du Dashboard est le volé visualisation et analyse qu’il facilite au responsable chargé de suivi / évaluation du programme PROTECT-CI à ressortir non seulement les failles durant les activités menées dans les différents sites mais aussi  à apporter une fluidité dans la rédaction des rapports ainsi qu’une prise de décision plus fiable.

 

DONNÉES ET MÉDECINE TRADITIONNELLE

Mise en place du processus de collecte et d’analyse des données au Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle

 

L’importance de la médecine traditionnelle et sa pratique dans la stratégie des soins de santé primaires ont été clairement soulignés dans la déclaration d’Alma-Ata en 1978. L’image et le rôle de cette médecine ont été consolidés en Afrique lors de la réunion des chefs d’Etats du continent à Abuja en Avril 2001. A cette occasion, les chefs d’Etats ont déclaré que la recherche en médecine traditionnelle doit constituer une priorité. Cette déclaration a été suivie en juillet 2001 à Lusaka de l’institution de « la décennie de la médecine traditionnelle africaine » couvrant la période 2001 à 2010.

Ainsi, Le Programme National de Promotion de Médecine Traditionnelle (PNPMT) fut créé en 2001 par arrêté pris par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) sous le n° 409 du 28 décembre 2001 et adopté par la loi No 2015-536 du 20 Juillet 2015 relative à l’exercice et à l’organisation de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée traditionnelle. Ce programme a donc pour mission la coordination générale des activités des Praticiens de Médecine Traditionnelle (PMT).

Dans la mise en application de ladite loi, le PNPMT se propose de disposer d’un système de gestion de données efficace en vue de l’intégration des données du programme dans le Système National de l’Information Sanitaire (SNIS).

C’est dans cette optique qu’une convention a été établie le 03 Décembre 2018 pour une durée de sept (07) mois avec Des Chiffres et Des Jeunes (DCDJ), un projet du programme Data Collaboratives for Local Impact (DCLI) qui vise à accroître l’expertise et la disponibilité des ressources en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre, un Technical Fellow recruté et formé par DCDJ aux sciences des données (Data Science) a été affecté au PNPMT.

Pour rappel, le programme « Data Collaboratives for Local Impact » (DCLI) est issu d’un partenariat entre le Plan d'Urgence du Président Américain pour la Lutte contre le SIDA (PEPFAR) et le Millenium Challenge Corporation (MCC). Il permet des investissements ciblés dans le but de renforcer de manière stratégique, l'écosystème des données dans les pays cibles.

Le faible taux de rapportage et de transmission des rapports (environ 2% des rapports des Centres de Médecine Traditionnelle étaient transmis au PNPMT) est la conséquence de l’importance minime accordée aux données dans cette institution. De plus, la mauvaise qualité des données disponibles due aux méthodes de collecte non inexistantes met à mal les partenariats et collaborations avec les partenaires au développement.

Aussi, l’absence de données dans le SNIS, d’interface ou d’application complexifie la compilation, l’analyse et l’archivage automatique des données a été soulignée.

D’autre part, il n’existe pas d’orientations stratégiques ni de planification au niveau du Programme National de Médecine Traditionnelle. Ajouté à cela, un taux d’alphabétisation relativement faible des Praticiens de Médecine Traditionnelle (PMT) a été observé.

 

Face à ce constat, la solution proposée est de développer et mettre en œuvre des outils de collecte, de compilation et de production automatique d’analyses de données fiables tout en tenant compte du fait que ce processus doit nécessairement prendre en compte la sensibilisation et la formation des parties prenantes (praticiens de la Médecine Traditionnelle, le personnel du PNPMT et les décideurs du MSHP à la culture des données).

En sus, cette initiative nécessite une prise en charge globale de sorte à favoriser l’intégration des données dans la gestion de la Médecine Traditionnelle en Côte d’Ivoire et dans le Système National de l’Information Sanitaire (SNIS).

Une phase pilote a donc été lancée en Côte d’ivoire avec pour objectif d’influencer les organisations existantes dans les pays de la sous-région.

Pour l’atteinte de ces objectifs, une matrice de résolution des problèmes identifiés à partir de l’état des lieux a été mise en place.

Une application de collecte, de compilation, d’analyse et de rapportage des données pour les Centres de Médecine Traditionnelle baptisée OCAR.CMT a été développée et mise en œuvre dans sept (07) sites pilotes. Elle a également été présentée aux différents Décideurs des Paragrammes de Médecine Traditionnelle des 15 Pays de la CEDEAO au cours d’un atelier organisé par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé sur les bonnes pratiques.

En complément, une activité de sensibilisation et de renforcement des capacités a été effectuée auprès des Praticiens de Médecine Traditionnelle et du Personnel du PNPMT sur l’importance des données a été organisée.

En somme, il s’agit d’apporter un appui au PNPMT pour la production de matrices de collecte, d’analyse des données dans les processus de prise de décisions.

Les travaux menés par M. Evariste Dongo ont permis de concevoir l’application OCAR.CMT.

Celle-ci a pour but de comptabiliser les patients ayant visité les différents centres de praticiens, de compiler et de produire automatiquement des données fiables et analysables en temps réel.

A date, sept centres ont été identifiés dans la phase pilote et utilisent l’application dans leur processus de gestion des patients consultés et les chiffres démontrent que la collecte de données est passée de 2% à 100% dans lesdits centres.

L’utilisation de l’application OCAR.CMT a permis de relever les constats suivants : 91% des personnes consultées dans ces centres sont des hommes contre 9% des femmes ; 64% des visites enregistrées sont des nouveaux cas et 36% viennent pour un suivi. Concernant les pathologies, 60% des patients reçus souffrent de paludisme et 40% d’hypertension artérielle.

S’agissant de l’impact de la mise en œuvre de l’application, notons que 64 personnes venant du personnel de la SNIS, du PNPMT et des praticiens de Médecine Traditionnelle ont bénéficié d’une sensibilisation à la culture des données et à l’utilisation de OCAR.CMT. 42 praticiens et experts de la médecine traditionnelle issus des 15 pays membres de la zone CEDEAO ont assisté à une présentation du OCAR.CMT et son utilisation.

Aussi, M. Dongo soutient l’idée d’encourager les praticiens de médecine traditionnelle à utiliser ces données et outils dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida. En effet, l’implémentation et l’installation de l’application auprès des praticiens exerçant dans les villages permettraient à ces derniers de la renseigner directement sur la base des données recueillies.

Enfin, en leur fournissant une assistance et une formation technique, les patriciens de médecine traditionnelle seront donc à même de produire des rapports d’activité via l’application et cela permettra ensuite de faire une compilation des données cliniques issues de la médecine traditionnelle au niveau national. S’agissant des malades du VIH/Sida « perdus de vue », une confrontation de ces données avec celles du logiciel DHIS2 sera l’occasion de constater si le malade continue ou pas son traitement contre la maladie.

L’objectif final est de garantir que les patients atteints du VIH/Sida parallèlement à leurs sollicitations de la médecine traditionnelle, poursuivent également leur traitement par le biais des cliniques et centres de santé.

Des données récentes suggèrent que près de 2 personnes sur 3 testées positives au VIH/Sida abandonnent leur traitement.